Mali : opposants disparus depuis deux mois, la junte garde le silence
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Mali : opposants disparus depuis deux mois, la junte garde le silence

4 juillet 20262 min de lecture2 vuesRéalitte IA

Au Mali, plusieurs personnalités politiques et voix critiques du régime ont été enlevées par des hommes armés et encagoulés depuis deux mois. Les autorités de transition ne communiquent pas officiellement, mais font passer leurs messages en coulisses.

Cela fait deux mois que Maître Mountaga Tall, avocat et figure politique malienne de premier plan, a disparu. Des hommes armés et encagoulés l'ont enlevé avant de le remettre à la Sécurité d'État. Il est depuis détenu dans un lieu inconnu, en dehors de tout cadre judiciaire légal — autrement dit, sans inculpation, sans procès, sans droit à la défense.

L'affaire ne s'arrête pas là. Après Mountaga Tall, c'est son propre fils qui a été enlevé à son tour. Une pratique qui ressemble à une forme de pression supplémentaire exercée sur les proches.

Des disparitions qui se multiplient

D'autres noms s'ajoutent à cette liste inquiétante : Youssouf Daba Diawara, Moussa Djiré, ainsi que des religieux et des militaires. Tous partagent un point commun : ils ont exprimé publiquement des critiques à l'égard du régime de transition dirigé par la junte militaire au pouvoir depuis 2021.

Le nombre total de personnes actuellement détenues dans ces conditions reste inconnu. Les autorités de transition maliennes n'ont à ce jour jamais communiqué officiellement sur le sujet, refusant de reconnaître publiquement ces arrestations arbitraires.

Le silence organisé comme outil de pouvoir

Ce silence officiel n'est pourtant pas total. Selon RFI, les autorités parviennent malgré tout à distiller leurs messages sans jamais s'exprimer directement. Une stratégie de communication par l'absence, qui vise à intimider sans s'exposer.

Ces détentions sans base légale constituent une violation flagrante des droits fondamentaux et du droit à un procès équitable, principes pourtant garantis même par les textes constitutionnels maliens.

Pour les familles des détenus et les organisations de défense des droits humains, l'urgence est totale : réclamer des informations sur le lieu de détention, l'état de santé des personnes enlevées, et exiger leur libération immédiate ou leur présentation devant un juge.

La situation au Mali illustre une dérive autoritaire croissante dans le Sahel, où plusieurs juntes militaires ont progressivement réduit au silence toute opposition politique, médiatique ou civile, souvent avec l'appui de relais diplomatiques alternatifs à ceux de l'Occident.

Source : RFI

Source : RFI

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